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Les Doris
du Pays de Caux

Plusieurs localités en bord de mer du Pays de Caux (Seine-Maritime), le long de la Côte d'Albâtre, perpétuent la tradition de l'échouage des bateaux de pêche. C'est notamment le cas à Veules-les-Roses, Saint-Aubin-sur-Mer et à Quiberville-sur-Mer.

Ne disposant pas d'installation portuaire comme celles de Saint-Valéry-en-Caux ou de Dieppe, ports proches, c'est directement sur la plage que s'échouent, partent et rentrent les bateaux. Des locaux de travail sont aménagés en haut de la grève, au pied de la falaise ou le long de la route côtière.
Dans chacune de ces localités la flottille n'est pas nombreuse, de 3 à 5 unités, mais sort pêcher en mer pratiquement tous les jours, voire plusieurs fois par jour. Ce sont des fileyeurs et le nom générique de " doris " leur a été attribué en souvenir des doris terre-neuvas - Fécamp, ancien grand port morutier n'est pas loin.

La forme actuelle des bateaux n'est que lointainement inspirée des doris d'antan. Ils sont constitués d'une coque en aluminium, en général non pontée, et sont souvent équipés d'une petite cabine abri. La longueur est d'environ 7 à 8 mètres.Le moteur est de type hors-bord - il y en a parfois 2 - pour une puissance totale de 100 à 120 cv. L'intérieur de la coque est compartimenté et doté d'une système auto-videur. Un GPS permet de se positionner.
Un constructeur semble avoir la prépondérance dans la construction de ce type d'embarcations, il s'agit du chantier naval Hauchard, établi non loin du Pont de Tancarville dans le département.

Ces bateaux ne manquent pas d'élégance et l'aspect de surface des œuvres mortes - les œuvres vives sont peintes - ressemble à des écailles de poissons, peu-être pour rendre le bateau plus pêchant, pourquoi pas ?
La mise à l'eau et la sortie s'effectuent à l'aide d'une remorque et d'un tracteur agricole. La manœuvre n'est pas sans danger surtout à marée haute sur la grève de galets ou lorsque la mer est agitée. Saint-Aubin-sur-Mer dispose également d'une cale (comme Veules-les-Roses) et d'un treuil, autre moyen de manœuvrer les embarcations.

Une fois mis à l'eau, les bateaux partent poser ou relever les filets. La distance des lieux de pêche est comprise entre 5 et 10 milles marins. L'équipage est composé de 2 ou 3 marins-pêcheurs. Les conditions de travail, du fait que le " doris " n'est pas ponté et que la cabine est petite, doivent être parfois difficiles lorsque le temps est mauvais.

Revenus à terre et le " doris " sorti de l'eau, les marins pêcheurs démaillent le poisson des filets à l'aide d'une barre transversale fixée sur deux poteaux et placée parallèlement au bateau, sous le filet (voir photo). Le poisson est ensuite vendu sur place dans des étals de poissonnerie au nom du patron pêcheur ou de son " doris ".

Actuellement, Veulettes compte 1 doris (Adrien-Damien), Saint-Valéry-en-Caux 1 (La P'tite Maryne), Veules-les-Roses 2, Saint-Aubin-sur-Mer 3, Quiberville-sur-Mer 3 et Pourville-sur-Mer 1. Ce qui fait en tout une flottille de 10 doris pour le Pays-de-Caux.

La mise à l'eau et la sortie des bateaux est très spectaculaire. On ne peut que souhaiter que, longtemps encore, les marins du Pays de Caux exercent leur métier, continuation d'un savoir ancestral. Ils contribuent ainsi fortement à la richesse et à la diversité de la culture maritime.

Je remercie les marins-pêcheurs qui m'ont laissé prendre des photos sans se sentir importunés par ma présence.
En complément, voir les photos du site sur Veules-les-Roses, Saint-Aubin-sur-Mer et Quiberville-sur-Mer
.

Philippe Malpertu (et © Photos 2005)



Les pêcheurs nettoient et préparent les filets.

Le matériel de pêche est embarqué sur le doris

A l'aide du tracteur et de la remorque, le doris est emmené en marche arrière sur la grève pour la mise à l'eau.

L'ensemble entre dans l'eau. L'opération est délicate, les vagues pouvant perturber la manoeuvre (photo ci-dessus et ci-dessous)

Mise à l'eau du doris depuis la grève.

Mise à l'eau du doris depuis la grève.

Le doris a été détaché de la remorque. Flottant, il va devenir manoeuvrant pour l'équipage. Le moteur est mis en route.

La mise à l'eau s'effectue dos à la mer. Une fois dans l'eau, le doris doit donc faire demi-tour pour partir vers le large.


Photo de gauche : on distingue les renforts de la coque au niveau des oeuvres vives. Ceci afin de la protéger et de réduire les frottements lors des manoeuvres sur la grève.

Photo de droite : l'intérieur d'un doris.
Pas de pont mais des compartiments.


Les deux photos montrent les vire-filets équipant les doris.

L'aspect de surface de la coque ressemble étrangement
à des écailles de poisson.

Retour de pêche : un marin-pêcheur maintient le doris aux abords de la plage pendant qu'un autre marin est parti chercher un tracteur.

Le tracteur de retour avec la remorque, le doris est hissé dessus.

L'ensemble part vers le haut de la grève pour rejoindre les locaux de pêche.

Le doris et les locaux de travail de la pêche.

Les marins-pêcheurs ont fixé une barre transversale au niveau du doris. Les filets vont passer dessus. Cela permettra le démaillage du poisson, la vérification du filet et son conditionnement.

Certains de ces échouages disposent également d'une cale et d'un treuil avec cables pour la manoeuvre des doris.

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Page mise en ligne le 18/07/2005, mise à jour le 01/05/2008